Kimabayas, collection Re/Form Notre entretien avec Milia M
Diala Aschkar, Directrice artistique de Orient Palms, Paris

Kimabayas, collection Re/Form

Notre entretien avec Milia M

Les trois créatrices libanaises Milia Maroun (Milia M), Hoda Baroudi et Maria Hibri Nahas (Bokja Design Studio) ont présenté à Paris leur collection de “kimabayas”, Re/Form, au croisement du kimono japonais et de la abaya arabe. L’endroit, le restaurant à la mode Liza, était un écrin idéal pour les 23 pièces uniques de la collection. Milia Maroun a répondu à mes questions au sujet de cette collection originale destinée aussi bien aux femmes qu’aux hommes.

D’où est venue l’idée de « Kimabaya » ? Et le nom de la collection « Re/Form » ?

Milia Maroun : L’origine de la Kimabaya est le manteau Soi Soie commissionné par le Musée de Beyrouth en 2003. Suite à cela, une pop up gallerie fondée par Maya Parisi à Bruxelles en 2008 a souhaite exposer le manteau avec une collection déclinée plus urbaine, d’où la Kimabaya. C’est un manteau réversible, un croisement entre le Kimono et la Abaya, vêtements traditionnels du Japon et du Moyen orient.

Depuis la Kimabaya est devenue une pièce iconique et un best seller dans les collections de Milia M.

Re/Form, comme le mot le suggère, est une façon d’initier un changement, d’insuffler une nouvelle vie à un objet existant.

Une des originalités du design est le mélange de tissus anciens et modernes, signature de Maria et Huda, qui évoque différentes histoires et mémoires mais avec une modernité urbaine accentuée par la coupe fluide et minimaliste chère à Milia. On sent qu’il y a de vous toutes dans cette ligne ! Comment avez-vous travaillé ensemble sachant que c’est votre première collaboration ?

MM : Bokja est un partenaire évident pour cette histoire, les deux parties racontant le chemin de la soie, leurs créations porteuses de légendes, des faiseurs de rêves… parfaite combinaison.

J’ai remarqué la finition Couture et les matières nobles : quelles sont-elles ?

MM : Des matières nobles et naturelles, principalement cachemire, soie et laine. On trouve des mélanges lin et laine ou coton cachemire.

Les 23 kimabayas de la collection sont toutes réversibles, une excellente idée qui offre le choix de la porter en ton unique ou tout en motifs et couleurs. J’imagine que c’est quelque chose qui a été beaucoup apprécié lors des différentes présentation à Paris, Londres et Milan ?

MM : Absolument ! Ce qui aussi rajoute au côté urbain de la pièce, et le plaisir de la fétichiser à des moments et la normaliser à d’autres.

C’était une belle surprise de voir la photo de Fouad Naim (un parent à moi) poser pour vous en kimabaya. Et bien sûr voir Arnaud Lemaire les essayer au Liza. Clairement, votre ligne de kimabayas est également destinée aux hommes. Une façon de réintroduire cette pratique levantine dans le code vestimentaire urbain ?

MM : La Kimabaya est versatile sous toutes ses formes. Sa lecture peut changer selon qui la porte, homme ou femme, et à quel moment. C’est sans limite, avec toujours néanmoins la poésie du levant.

Où peut-on trouver les kimabayas au Liban et en dehors du Liban ?

MM : À la boutique Milia M à Beyrouth. « If » à New York et bientôt « ABC » à New York et « Ikram » à Chicago.